Le Filtre

Le jour où il est parti, un filtre s’est appliqué sur ma vie. Un dimanche d’octobre, j’ai reçu le pire appel téléphonique de toute ma vie. Lorsque la voix d’Antoine a retenti dans mes oreilles, j’ai su que le pire était arrivé. J’ai su que le trauma auquel je devais faire face à cet instant serait plus violent encore que celui de l’abandon de mes parents biologiques. Il aurait pourtant été facile de douter de la véracité de cette réalité tragique : Kvs était si souvent absent. Il était para commando. Il rêvait de devenir plongeur de combat. Le con.

Mon Légionnaire

J’ai souvent tendance à oublier son métier. Après tout, lorsque j’ai choisi de partager sa vie, je connaissais les bails. Déjà, à ce moment, j’avais signé un accord tacite avec sa Mort. J’étais consciente des risques. Après tout, lorsque nous avons pris la décision de construire « quelque chose de beau », il s’était déjà assuré plusieurs fois de ma fidélité à son égard, de ma capacité à supporter ses absences, à endurer ses extrêmes, à m’adapter à ses horaires, à tolérer ses frères d’armes, à la supporter Elle – évidemment – intimement lié à son Monde Militaire. Moi, c’est plutôt de son Monde Militant dont je suis tombée amoureuse. J’étais prête à accepter ces adaptations, bien sûr : Ses absences plus ou moins prolongées m’auraient permis de me recentrer sur mon développement personnel de manière ponctuelle. Et puis – avouons-le – pour une historienne dont la série préférée est Band Of Brothers (HBO) – il y avait une part de fantasme : Mon Légionnaire.

En décembre 2019 – sans nouvelles de Kvs (en mission au Gabon) depuis plus d’un mois, j’apprendrai plus tard que ce FDP en avait profité pour avoir une relation régulière et « sans risques de dommages émotionnels collatéraux » -, j’avais eu la bonne idée d’assister à un week-end commémoratif de la Bataille des Ardennes à Bastogne. Reconstitutions, animations muséales exceptionnelles, défilés de véhicules, concerts Vintage, Gerbes florales et tutti quanti : Il y avait du soleil, du ciel bleu. Il faisait froid. Le vin était chaud. Mon père était présent. G. aussi. Nous étions fatigués, frigorifiés mais pris avec une certaine exaltation dans ce tourbillon commémoratif. Mon père était présent. Gwen aussi. Kvs était absent … et partout à la fois. Je le voyais dans chaque uniforme, dans chaque son de clairon. J’avoue avoir même chéri l’espoir de sa présence au stand de recrutement de La Défense. Le silence forcé – qu’il m’imposait une fois de trop – alimentait un sentiment d’injustice profond face à l’histoire que je nous avais vu initier et son indécision constante.

« J’ai la peau craquelée. Depuis toi desséchée ».

« Dieu qu’elle est loin, la nuit de liesse, où j’ai trouvé ta main, bien avant la tristesse. Tu m’as pris au collier. Et mon cou tu l’as tordu! »

« Des nuits d’ivoire, sûr ça je t’en dois ! Si les tiennes sont noires … Non, je ne t’en veux pas.
Ainsi va la vie, enfin surtout la tienne. »

« Je te remplace, comme je le peux. […] Ce sera sans toi alors. Je n’ai plus qu’à être d’accord. »

Vianney, « Pas là », 2014.

Depuis ce coup de foudre du 14 août 2019, j’étais liée à lui d’une manière très intime et très énergétique. Qu’on le veuille ou non, nous n’aurions pas pu lutter contre la Force et l’Alchimie indubitable que dégageait ce premier contact physique. Il était en couple. Il était perdu. Il était infidèle. Il était malheureux. Il m’a embrassée sur le front, d’une sincérité désarmante. Qui fait ça à une inconnue? Je me rappelle à avoir jeté un œil sur sa montre connectée afin de voir la stabilité de ses BPM. Elle était sans doute biaisée par une prise inavouée de cocaïne. Salaud. De mon côté, j’étais perturbée par les réactions physiologiques de mon corps en sa présence. Toutefois, après qu’il m’ait proposé un autre rendez-vous, je lui ai signifié – « Si ta copine est une fille bien. Je ne pense pas que ce soit juste qu’on se revoie. » On s’est revu. Bien sûr. Quelques jours plus tard, je l’ai rejoins dans un bar, en rage. Prise de cocaïne assumée, cette fois. Alcool, beaucoup. Ils s’étaient disputés. D’après ses dires, cette fois-là, c’était lui qui a fait en sorte de me manipuler toute la soirée pour arriver à ses fins : premier baiser et refuge d’une nuit dans mes draps. Mea Culpa. Je n’ai pas résisté. Cette première nuit ensemble s’est clôturée le lendemain par un échange de messages, brefs mais significatifs : « Je n’avais pas envie de partir, mais bon » ; « J’avais envie que tu restes, mais bon ».

Je l’ai vu d’un œil solitaire. Le pied dans l’arène pour lui plaire et briller aux regards que j’ignorais. Le sien comptait plus que les autres même s’il ne s’en rendait pas compte et j’aurais tout fait pour connaître ses fins. On s’est finalement embrassés. Des mois sans silence, sans parler. Dans l’attente qui, de loin, m’a déchirée. Et j’aurais aimé être ces filles qui, dans ses chansons, reprenaient vie même si, de loin, je sais qu’on s’est menti. J’ai voulu tout laisser tomber, pour ne pas être ombre du passé et retrouver ses rires et ses secrets. Mais quand je l’ai vue près de Lui, celle qui en chanson reprenait vie, je sais maintenant qu’il m’avait menti.

« Golden Baby, c’en est assez
De courir te faire désirer
Dans ces lumières qui donnent vie à nos nuits
Golden Baby, sans tout pour plaire
Dans ton silence, tu restes fier
De croire en ce qui n’existerait pas
Et si tu veux de moi
« 

Le jeu était lancé. Il se plaisait à se présenter à moi comme le plus grand connard de l’Univers. Ses calculs étaient plutôt bons. Ces remarques préventives lui laissaient toute licence pour me balancer « Je t’avais prévenu. Je suis un connard » au moindre reproche de ma part. Pour ma part, j’alternais entre les rôles de pétasse fille unique – Celui-là l’agaçait particulièrement. Sourire. – et d’aristo-barocco-romantique. On se rendait fous, Docteur. La rage au ventre, je passais mes journées à me torturer sur la signification du moindre de ses silences, par la définition de chacun des mots qu’il employait, par l’intérêt du changement de son fil d’actualité Facebook. Je le connaissais déjà – avec lui, rien n’était anodin. Il maniait l’art subtil de la mise en scène, la séduction des mots, l’importance du geste bien placé au bon moment, de l’expression du regard, de l’improvisation et du mensonge. Et pourtant, je vous l’assure Docteur, je n’ai jamais réussi à voir le connard en lui qu’au travers de ses jeux de rôles qu’il utilisait, affûtait et exerçait tels les armes de survie d’un petit garçon bien trop blessé par la vie.

L’Attente

Personnellement, je pense qu’à partir de cette première nuit, la partie était lancée. Je t’aime moi non plus. Fuis moi, je suis. Suis moi, je te fuis. « Tu veux ou tu veux pas? » ; « Je veux mais je ne peux pas » ; « Adieu, belle vie ainsi » ; « Je suis en ville. On se voit? » ; « D’accord ». Alors qu’il se débattait avec sa rupture, ses addictions de plus en plus intenses et son besoin de liberté, je l’aimais. Déjà. Il n’y avait plus que Lui. Oui, je lui ai été infidèle mais (désolé pour ceux-là) pour combler le vide en attendant.

« L’Attente » : Voilà le titre que je pourrais donner à cette période d’août à décembre 2019.

Au bout du téléphone, il y a votre voix
Et il y a les mots que je ne dirai pas
Tous ces mots qui font peur quand ils ne font pas rire
Qui sont dans trop de films, de chansons et de livres
Je voudrais vous les dire
Et je voudrais les VIVRE
Je ne le ferai pas
Je veux, je ne peux pas
Je suis seule à crever et je sais où vous êtes
J'arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître
Préparez votre temps, pour vous j'ai tout le mien
Je voudrais arriver, je reste, je me déteste
Je n'arriverai pas
Je veux, je ne peux pas
Je devrais vous parler
Je devrais arriver
Ou je devrais dormir
J'ai peur que tu sois sourd
J'ai peur que tu sois lâche
J'ai peur d'être indiscrète
Je ne peux pas vous dire que je t'aime peut-être
Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu'à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m'aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine
À trouver où tous ces chemins te mènent
Viens me retrouver
Si le dégoût de la vie vient en toi
Si la paresse de la vie s'installe en toi
Pense à moi
Pense à moi

Askip. : « Yo can’t hurry Love. Yo just have to wait « (cf. Phil Collins). Thanks, Dude. I know, Love don’t come easy but it’s a Game of Give and Take.

Askip. : « Every step I take, every move I make. Every single day, every time I pray. I’ll be missing you. Thinkin’ of the day, when you went away. What a life to take, what a bond to break. I’ll be missing you. » (https://youtu.be/NKMtZm2YuBE ; Puff Daddy (ft. Faith Evans & 112)).

J’étais fatiguée d’être la seule à dire « je t’aime ». J’me demandais un jour il me le dirait. Mon coeur était accroché à ses lèvres. Et peu importe ce qu’il se serait passer, pour Lui j’aurais pu prendre une balle. (cf. « 1,2,3 »)

Ce moment dans ma vie où tout a basculé m’a mise K.O. J’avais tout misé sur Lui. J’avais tout donné pour Nous. Dès lors, il était tentant d’oublier que je pouvais encore tout miser sur moi.

Notre folie douce

J’étais folle de Lui. Même s’il ne m’appartenait pas. (« Dis moi », BB Brunes) J’aurais difficilement pu m’en passer. « Quand il me mordait où ça dérange, quand il faisait sautiller ma frange et que mes cris se perdait dans les graves. »

Je suis descendue du train. Paris au petit matin. Sans Lui (cf. Pomme). Et ce matin, j’ignorais, que ma vie commençait sans toi. Une sorcière je suis devenue folle. une vipère, j’ai croqué la pomme sans toi. Je dois m’y faire, j’ai sur les épaules, un bulldozer et le mauvais rôle. Sans toi. Les lendemains sont les mêmes, j’ai les coeur en quarantaine. Sans lui. Paris ne veut plus rien dire. Si je dois la conquérir, sans Lui. Des chants de guerre depuis je compose et, dans mes airs, je le tue en prose. M’en fous la bière, m’en fous la cyrrhose, un dernier verre, une dernière dose. Sans Lui.

« Et la nuit tombée, pour ne plus jamais pleurer, je chasse deux ou trois paires de bras. Pour m’y réfugier, le temps d’un baiser, pour ne plus jamais me voir sans toi. » (« Sans toi », Pomme)

Il fallait qu’on se mette en ménage. C’était une évidence. « Viens on s’taille. On va voir ailleurs. On va vivre une autre life. Oublier nos malheurs. » (« Ma Meilleure » , Hatik)

Cap ou pas cap? Le jeu des réseaux.

Ne m’appelle pas. Je ne réponds pas. Nous deux, c’est vaincu. Tu resteras dans l’oublie. (cf. Cœur de Pirate).

La rupture

Est-ce qu’il m’aimait encore? Est-ce que pour une dernière fois, il aurait pu me prendre dans ses bras? Me dire que tout allait bien, que tout irait. (« Si tu m’aimes encore », Shy’m). Comme avant, j’aurais tellement voulu qu’il me raconte des histoires, qu’il me fasse rire et qu’il nous serve à boire. On aurait fait ce qu’il voulait, tant qu’on passait un moment ensemble. Tant qu’il était toujours là. Je m’en foutais, qu’il me dise des mots durs, j’étais prête à les entendre. On ne s’était pas tout dit et je nous tuais en silence. Pourtant, je n’avais qu’une seule envie. C’était de pleurer comme il me manquait. Mais mes « je t’aime » à l’encre blanche ont rapidement perdu tous leur sens.

Elle ou Je suis Pansement

Les jours passaient mais ça ne comptait pas car il avait tant de mal à vivre, ivre de mon parfum si différent du sien. (« À fleur de toi ») Pire, il a compté chaque minute qui le retenait à Elle, comme s’il était son propre prisonnier. Souvent, il se demandait où il en serait pour Elle. Souvent, il se demandait ce qu’elle faisait, où elle était et qui elle aimait. Grâce à moi, il a changé d’adresse, de numéro. Merci. Il a balancé ses lettres et ses défauts. Mais même s’il a fait semblant de trouver la Force, il La gardait au plus profond de Lui. Il a essayé de L’oublier avec moi mais le temps se semblait pas gommer Ses fautes insidieuses. Il a essayé de se soigner avec moi. J’en ai été témoin. Mais il n’est jamais parvenu à m’aimer comme il l’aimait, Elle. J’ai pourtant tenté de le consoler et de racheter Ses fautes. J’ai séché toutes ses larmes. J’ai ramassé ses pots cassés. J’ai réglé tous ses impayés (et Dieu qu’il y en avait), ses impostures et ses ratures. Je lui disais que je l’aimais comme une folle. Je le connaissais par cœur. Je lui disais parfois « je t’aime » durant des heures. En vain.

Notre Folie Dure

Tout deux, on sortait, on se couchait tard. Les gens étaient tous de vrais trouillards sous leur parapluie ! Ils couraient tous à leurs devoirs, sous cette grêle qui tombait à tout hasard. Mais nous, on s’enfuyait, on riait, tu me faisais boire et on finissait vite sur le trottoir. Perdus cette nuit. (Cf. BB Brunes). Blanchis devant ce grand ciel noir, tout devenait vite désillusoire. Affalés, côtes à côtes, on se sentait si seuls dans ce brouillard. C’est fou ce qu’on était perdus cette nuit. On s’est loupé de peu, je crois. Je ne comprends pas que pour nous deux c’est terminé, que pour nous deux rien ne va. J’avais tellement envie de toi.

La pêche : Épisode 1 (samedi 31 août 2019)

Ce jour-là, Kvs m’avait envoyé « L’Envie » de Johnny Hallyday. L’avait-il déjà perdue?

Dans la fraîcheur de cette matinée automnale, je lui avais envoyé une photo de la vue de chez mes parents. Un joli coin d’Ardenne vallonné et résineux. Un clair-obscur sensuel pour une pensée intime partagée. C’était le jour dit de « La Pêche annuelle du service des Soins Intensifs ». Chaque année, mon père se faisait une gloire (à raison) d’organiser ce Team Building afin de partager sa passion dévorante avec ses collègues un peu moins passionnés. La présence d’un barbecue et de bières toujours fraîches finissait d’ordinaire par convaincre les plus indécis. Selon la légende, une truite monstrueuse régnait sur le fond de l’étang. À chaque fois, les moulinets s’activaient pour concourir pour le trophée de la plus belle prise ! Pour ma part, j’ai un rapport avec la pêche purement paternel. Je pense que la seule chose que j’aime dans ce sport c’est de voir mon père heureux, de l’observer s’affairer à démêler les lignes que les enfants (moi, quelques années plus tôt seulement) pelotaient si facilement. Lorsqu’il m’emmenait tâter le goujon avec lui en rivière, le pauvre passait son temps à décrocher ma ligne des branches suspendues – ne lançant la sienne que distraitement, gardant toujours un œil amusé et inquiet sur mes maladresses.

J’avais accompagné mon père et son copain Jules pour les aider à préparer les cannes, épuisettes, hameçons, divers et variés. Les collègues et les membres de ma famille défilaient et les bières s’égrainaient au cours de la journée. Selon la légende, une truite monstrueuse régnait sur le fond de l’étang. À chaque fois, les moulinets s’activaient pour concourir pour le trophée de la plus belle prise ! La tension était palpable dans la moiteur de la fin d’après-midi. Mon téléphone retentit. Victoire ! Il m’a envoyé une photo ! Il est en train de se mettre bien au barrage de la Gileppe le bougre ! Ah. Il sort ce soir. Et moi, je n’y serai pas … Si ! J’y serai. J’envoie un message à Gwen [« Carré? »; « Ok »] et j’invente une excuse bidon à ma mère. Elle n’a pas l’air de capter que j’ai déjà trop picolé. Ma première prise de la journée ! Je croise les doigts pour que la prochaine arbore des reflets roux ! Je ris, je vole dangereusement en direction d’un samedi soir à peine plus épicé que d’ordinaire dans le Carré liégeois. Dans ma Titine, orange sanguine, retentit un air d’adolescence et d’insouciance :

À peine rentrée dans mon appartement du Parc, je dégaine mes valeurs sûres : une paire de Vans « Baroque Edition », un jean noir bien ajusté, un top fluide, noir dont l’échancrure large était soulignée par un fin liseré doré, un blazer oversized, noir bien sûr. Maquillage minimaliste, j’ai pris de jolies couleurs sur les berges de l’écran. Accent sur un regard smoked. Brillance sur les lèvres. Un voile d’Hermès (Jardin sur le Nil). Je crois que la fille aux yeux troubles qui me regarde dans le miroir tremble d’espoir de jouer à nouveau avec le feu ce soir. Elle irradie d’arrogance et de séduction maîtrisée. Elle range incognito sa Titine à la place qu’elle s’est implicitement attribuée dans le garage de Gwen situé, Holy Shit, à deux pas de notre bar Rock’n’Roll préféré : Le Far West. Si le cœur vous en dit, Docteur, je vous conseille la playlist « Far West RnR » sur Spotify. Vous aurez dès lors la chance d’avoir un aperçu de l’atmosphère saturée de ce bar emblématique liégeois. Cette playlist a rythmé presque tous mes vendredi soir d’août à décembre 2019. J’ai retrouvé Gwen qui – oh hasard – avait passée une journée aussi imbibée que la mienne. Chaud ! J’allume une clope avant de rentrer et je l’aperçois sur un air des Subways :

Il est beau, dans son t-shirt blanc, col V, ajusté – dangereusement efficace. Chaud ! Le Far West, c’est un bar en bois, des tabourets hauts, un sol qui colle, des barreaux et une petite estrade dans le fond, des tonneaux en guise de tables, un sol qui colle, des escaliers qui glissent, des toilettes un peu crade. Des miroirs, beaucoup de miroirs. Ils servent de baromètre de soirée : d’une part par la quantité de buée générée par la concentration de personnes au mètre carré – C’était l’ère pré-CoVid, vous vous souvenez? – , d’autre part par la rougeur des visages enivrés, les poses lascives, les attitudes primaires, les instincts éveillés et les repères anesthésiés. Quand j’y pense, je n’ose imaginer le nombre d’excès guindaillistiques dont ces saintes glaces ont été les témoins. Si elles se confiaient, elle peindraient une fresque mêlant la mosaïque bacchanales pompéienne et les références dantesques de Jérôme Bosch, pouvant accueillir une pointe de Goya (le peintre, pas Chantal) pour les grands soirs.

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